TEST : Medal of Honor : Above and Beyond, un retour en VR convaincant ?

TEST : Medal of Honor : Above and Beyond, un retour en VR convaincant ?

La révélation de Medal of Honor : Above and Beyond a été l’une des surprises de l’Oculus Connect 6 qui s’était déroulé en septembre 2019. La franchise qui fut autrefois la référence des FPS s’offrait en effet un comeback en misant sur la réalité virtuelle avec une volonté d’un véritable retour aux sources. Autant dire que ce nouvel opus de Medal of Honor en VR était autant attendu chez les fans de la licence que chez les férus de réalité virtuelle. Campagne solo, graphismes et gameplay sont-ils suffisamment solides et à la hauteur des prédictions ? Voici notre verdict dans ce test. 

Les équipes de Respawn Entertainment, à qui l’on doit entre autres TitanfallApex Legends et Star Wars Jedi Fallen Order, ont ainsi fait le pari de la réalité virtuelle pour marquer le grand retour de Medal of Honor. Un choix qui se traduit notamment par une intention de proposer une expérience originale, plutôt que de se frotter à nouveau aux géants Call of Duty et Battlefield avec un FPS classique sur consoles et PC. Un exercice périlleux et déjà expérimenté par EA il y a quelques années avec le reboot mitigé de Medal of Honor en 2010 et sa suite Warfighter en 2012.

Au rapport mon lieutenant

Dr Thatch va rapidement vous remettre d'aplomb

Ainsi, huit ans après nous avoir assouvis de conflits contemporains, c’est donc la Seconde Guerre mondiale qui revient sur le tapis. Glissé dans la peau d’un lieutenant affaibli après un rude combat en Tunisie, le joueur est aussitôt recruté par l’OSS à la suite de ses exploits. Il s’agit d’un organisme d’espionnage qui s’apprête à nous envoyer aux quatre coins de l’Europe pour y renverser les plans ennemis et appuyer la Résistance française.

Mais avant de remettre les pieds sur le champ de bataille, le Docteur Thatch va s’assurer que la prise en main de Medal of Honor : Above and Beyond soit parfaitement calibrée avec une série de neuf questions. Ce questionnaire correspond en réalité à l’ajustement des préférences de la jouabilité ; main dominante, vignette, tremblement de la caméra et angle de rotation. Notons d’ailleurs que depuis le déploiement de la première mise à jour du jeu, la rotation fluide est disponible. Aucune trace en revanche d’un éventuel déplacement par téléportation, mais nous n’allons certainement pas nous en plaindre.

Medal of Honor : Above and Beyond sort l’artillerie lourde !

Bien loin de l’ère des premiers Medal of Honor, la prise en main est d’autant plus singulière ici puisque désormais en réalité virtuelle. Grosso modo, le gameplay se situe à mi-chemin entre la simulation et l’arcade. C’est-à-dire que la manipulation des armes n’est pas aussi complexe que dans Onward, mais requiert tout de même des manœuvres comme placer les munitions dans le compartiment et recharger manuellement l’arme.

La plupart des armes nécessitent un rechargement manuel

Notre soldat peut conserver jusqu’à trois armes sur lui en plus des grenades sur le torse. L’emplacement des petits gabarits tels que les pistolets se situe sur la ceinture. Les autres armes comme les carabines, snipers et fusils d’assaut s’installent derrière l’épaule droite et gauche. Seuls les bazookas et lance-grenades ne peuvent se transporter et doivent être abandonnés après utilisation.

Soulignons qu’il est impossible de faire tomber une arme ou de la perdre par inadvertance. Dans Medal of Honor : Above and Beyond, votre artillerie est littéralement aimantée à votre uniforme. Lâchez un fusil à pompe, il se placera aussitôt sur votre dos ! Le poignet peut également dissimuler trois seringues qui permettront à notre combattant de reprendre des forces lorsqu’il sera au plus mal. Notez que les soins et les munitions dispersées ici et là tout au long de l’aventure sont suffisamment nombreux pour ne pas tomber en pénurie tous les 15 mètres.

Une belle dose de diversité

Medal of Honor : Above and Beyond offre un choix assez large pour se défendre

Au début des six chapitres que compte la campagne solo, un briefing de mission est prodigué par notre recruteur, le colonel Ebbets. Il s’en suit d’un passage au quartier-maître, un atelier permettant de tester son arsenal et de se préparer aux diverses interactions prévues en cours de partie avec comme exemples savoir se servir d’un briquet, détecter des mines, amorcer une dynamite et bien d’autres encore.

Car oui, l’aventure de Medal of Honor : Above and Beyond est assez généreuse en diversité. Outre les différentes actions que vous aurez à effectuer, c’est aussi du côté des environnements que l’on en prend plein les yeux. Forêts verdoyantes et montagnes enneigées, vignobles et prairies provençales, villages français d’époque, sans oublier les blockhaus et ses tranchées.

Loin de nous laisser sur la terre ferme, les missions nous entraînent également sur les rails à bord d’un train, dans les airs aux commandes d’un avion, sur l’eau dans un bateau et même sous l’eau au cœur d’un sous-marin. Clairement, l’ennui n’est pas au programme de ce Medal of Honor en VR.

Et si les panoramas resplendissent, notre avis sur les personnages est un peu plus contrasté avec un parti pris plutôt déroutant. Les visages souffrent d’un manque de détails et les animations, tout droit sortis d’un Pixar version Wish, ont tendance à décrédibiliser l’ambiance. Quel dommage.

Des imperfections qui font tache

Les prises de paroles sont nombreuses et casse bien souvent le rythme du jeu

Tout n’est pas rose non, et les séquences citées ci-dessus sont en réalité découpées en de courtes saynètes. Bien que l’ensemble des niveaux ne manquent pas d’espace, il faudra se coltiner de nombreuses interruptions et chargements avant d’en atteindre le bout. Toutefois, il est important de souligner là aussi que les premiers patchs ont réduit le temps de ces interludes.

À propos de temps, la durée de vie du jeu, située entre 8 et 9 heures, va surtout dépendre de votre manière de traverser les niveaux. Il sera ainsi plus facile d’étendre l’histoire si vous comptez trouver tous les éléments bonus cachés. Pour parvenir à cela, il faut s’amuser à fouiller un peu partout autour de soi… Seulement, avec un moteur physique qui n’est pas des plus à l’aise avec les interactions entre objets, c’est un peu pénible. Pour être plus clair, seuls quelques éléments hasardeux peuvent être attrapés par le joueur. Ainsi, même avec deux livres identiques côte à côte, seul un des deux pourra être saisi.

La saisie d'objet n'est pas ce qui se fait de mieux dans Medal of Honor : Above and Beyond

On regrette aussi de voir que nos mains et ce qu’elles tiennent puissent traverser tous les éléments du décor sans aucune collision. Des détails qui nuisent à l’immersion et qui font tache neuf mois après un Half-Life : Alyx exemplaire sur ce point. Et puisque l’on parle du moteur 3D, précisons là aussi qu’une nouvelle mise à jour permet désormais d’avoir bien plus de réglages graphiques qu’à la sortie du jeu.

En revanche, bien que la communication ait été faite autour d’une configuration hardware nécessitant au minimum une GTX 2080, nous pouvons confirmer dans ce test de Medal of Honor : Above and Beyond, n’avoir rencontré aucune difficulté en qualité « élevée » avec une GTX 1080 et un Valve Index ainsi que sur une 1080 Ti avec un Oculus Rift S et un Oculus Quest 2 + Link.

Un bon chef d’orchestre, mais un peu trop envahissant…

Prendre un peu de hauteur pour mieux observer l'ennemi

La partie sonore quant à elle profite de thèmes orchestraux héroïques de grande qualité. Tantôt dramatiques, tantôt joyeux, les morceaux s’enchainent et ne s’arrêtent presque jamais… L’orchestre est constant et accompagne le joueur tout au long de son aventure. Nous avons relevé parfois même que certaines sélections ne collaient pas vraiment aux situations. Par exemple, une musique vaillante va retentir alors qu’il ne se passera absolument rien. Ou bien dans les tranchées où le joueur sera escorté par un air qui rappellera certaines compositions de John Williams telles qu’Indiana Jones.

Les animations sont malheureusement en décalages total avec l'ambiance

Medal of Honor : Above and Beyond est en VR, oui, et qui dit réalité virtuelle, dit souvent « anglais »… Ici encore, le jeu est en effet dans la langue de Shakespeare, mais bénéficie cependant de sous-titres en français et d’une traduction complète des menus. L’incrustation des sous-titres est par ailleurs correcte et suivent le regard en ne gênant aucunement la visibilité. On se questionnera toutefois sur la pertinence d’observer des Français et des Allemands parler en anglais entre eux avec de forts accents…

De la survie et du multijoueur pour combler tout le monde

En dehors de la campagne solo, Medal of Honor : Above and Beyond présente plusieurs contenus supplémentaires. Avec six maps disponibles, le mode Survie propose de se retrouver seul face à plusieurs vagues d’ennemis. Un très bon entrainement en soi qui permettra aussi de travailler ses réflexes avant de se lancer dans de véritables parties en ligne.

Le mode Bombardier fou

Et puisqu’on en parle, le multijoueur comprend cinq modes différents. Dans Bombardier fou, chaque joueur dispose d’une bombe avec minuteur qu’il devra placer sur la map en la protégeant jusqu’à son explosion, en espérant toucher un adversaire. Incontournable, le mode match à mort fera s’affronter individuellement chaque joueur avec pour seul but d’atteindre le plus d’éliminations.

Le Match à mort en équipe quant à lui revient à la même chose, excepté que les joueurs travaillent en équipe contre une autre. Le mode Rayon d’explosion activera aléatoirement sur la carte une zone circulaire où chaque kills rapportera plus de points. Enfin, dans Domination les joueurs devront s’emparer et préserver une zone le plus longtemps possible afin d’obtenir le maximum de points.

D’une manière générale, le multijoueur s’en sort suffisamment bien. Les cartes sont assez vastes, diversifiées et plutôt bien construites. Néanmoins, il est important de souligner qu’il n’y a aucun niveau ni aucune progression de notre soldat. On se contente alors de la personnalisation de l’avatar avec toute la panoplie de skins disponibles.

Galerie : un contenu historique pour les plus curieux

Respawn Entertainment a pris le soin d’accompagner le jeu d’une véritable bibliothèque interactive sur la Seconde Guerre mondiale. En revenant aux racines de la franchise, le studio s’est encadré de plusieurs vétérans ayant traversés cette dramatique période. Marqués à jamais, ils racontent individuellement leur histoire dans des interviews accessibles dans la section Galerie du jeu. Medal of Honor : Above and Beyond offre aussi des vidéos d’époque, des courts documentaires ainsi que des images à 360 degrés. Une collection fabuleuse et de qualité qui permettent à tout un chacun de prendre davantage conscience de l’ampleur de cette guerre.

7.5 / 10 Note finale
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PC VR(Plateforme)
Les Atouts
• La diversité du gameplay
• Une jouabilité accessible mais qui ne tombe pas dans l’arcade
• La qualité des environnements
• Le contenu de la section Galerie
Les Faiblesses
• Les animations faciales
• Trop de coupures en cours de partie
• L’intelligence artificielle
• 170 Go d’espace
• Le prix !
Conclusion
Oui, Medal of Honor : Above and Beyond peut légitimement porter l’écusson triple A. Le jeu offre une campagne solo de qualité, suffisamment longue et variée en plus d’un mode multijoueur raisonnable. Certaines séquences sont fabuleuses et rappellent à quel point la réalité virtuelle nous donne le meilleur angle pour les vivre. Toutefois, la VR en 2020 exige une attention particulière notamment du côté du moteur physique qui est ici inexistant. Il en va de même avec les animations faciales des PNJ qui ne sont pas dignes d’une telle licence, en plus d’être en décalage avec l’ambiance. Des faiblesses difficilement acceptables surtout lorsque le prix du jeu se situe entre 50 et 60 euros.

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